C’est quoi une nouvelle ?

Il naquit comme tout le monde.

Il mourut comme tout le monde.

Entre, il vécut.

Comme tout le monde.

C’est une nouvelle.

Jean-Pierre Andrevon, 131 novellistes contemporains.

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Notre actualité

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Paru le 6 mai  

Red flag est un recueil composé de quarante-neuf micronouvelles. Un nombre qui ne tourne pas rond comme l’ensemble des textes brefs que nous propose Boris Okoff. Oscillant entre drôlerie et inquiétude, entre fantaisie et délire, quarante-neuf historiettes comme le suggèrerait Flaubert, nous aidant à embrasser la légèreté, à oser le pas de côté. 

Red flag signale le danger, le repoussoir, tel le drapeau rouge qui s’agite un jour de mauvais vent. Prenez garde !

Red flag inaugure la collection « Fragments ». Ces micronouvelles rassemblées nous enjoignent à expérimenter la douce désopilance lorsqu’elle naît de la boutade qui fait grincer des dents.

Que disent les revues ?

Dans Une maison en ses murmures, Charles Duttine ne se contente pas de nous livrer une novella dont l’intrigue se déroule dans une maison :

si le récit est bien construit autour d’un personnage principal (auquel l’auteur prend plaisir à n’attribuer d’autre dénomination que « notre personnage », comme pour mieux le vider de sa substance), c’est surtout le décor, à savoir une demeure des bords de Loire, qui devient le véritable protagoniste du récit.

L’homme qu’est amené à suivre le lecteur a quitté Paris pour s’installer sur les bords de Loire : la région offre la promesse d’une nouvelle vie, de racines retrouvées, d’une sérénité tant recherchée. Mais très vite, le lecteur comprend que les choses ne vont pas se dérouler tout à fait comme prévu. Au fur et à mesure que le personnage cherche à s’approprier son nouveau lieu de vie, l’étrangeté gagne du terrain, un malaise sourd et indéfinissable s’installe. Les murs de cette nouvelle maison ne parlent pas que d’hospitalité ; ils murmurent des propos sourds et difficilement interprétables, et le bizarre frappe à la porte avec une insistance croissante. Le lecteur partage cette montée en tension : d’abord on sourit devant l’inquiétude en apparence infondée du personnage, puis on s’inquiète avec lui, puis on entrevoit des motifs réels à ses interrogations.

Pour ma part, j’ai trouvé cette novella particulièrement intéressante sur deux plans : celui de la construction d’ensemble de l’œuvre, et celui du rapport au langage.

Olivia Guérin, La Cause Littéraire, juin 2026.

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Actualité autour des formes brèves

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Prix Goncourt de la Nouvelle 2026

Peaux vives déploie – fenêtre sur le monde – un recueil de neuf portraits. Ce récit quelque peu hybride précède La Colère et L’Envie, alors que Alice Renard avait tout juste dix-neuf ans. Ces portraits composent la totalité d’un texte qui semble ne pas avoir véritablement de commencement ni de fin. Pourtant, chaque portrait ne rompt pas avec le précédent, comme s’ils constituaient un tissu continu. Avec une véritable originalité, le livre propose une autre forme. C’est un objet qui allie l’image, le dessin et le texte, comme si l’un et l’autre se nourrissaient. Alice Renard associe ainsi chaque texte d’une « main » illustrée, qui constitue une introduction au récit. Le livre se déplie et dévoile un agencement curieux, faisant se répondre neuf histoires, comme pour parfaire un long chant. 

Marianne Bourdin, En attendant Nadeau, 2025, n°233.